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Le Golfe Persique

Un peu d'Histoire


Le Golfe Persique (en persan: Khalije Fars) est une mer au nom et à l'histoire romanesque, située au sud de l'Iran.
Il est bordé au sud par l'Arabie Saoudite, Bahreïn, le Qatar, les Emirats Arabes Unis, à l'ouest le Koweït et l'Irak. Il communique à l'Est avec Oman et par le détroit d'Ormuz à la mer d'Oman et l'Océan Indien.

Il a acquis depuis le siècle dernier et la découverte du pétrole un rôle stratégique et géopolitique de premier plan.
Durant toute son histoire néanmoins cette mer a été un lieu d'échanges entre l'est et l'ouest de l'Orient en concurrence avec la mer Rouge ou golfe Arabique.

D'un point de vue historique et de manière cocasse il faut noter en effet, que la mer ou golfe Arabique désignait la mer Rouge qui donne accès à ce qui étaient des régions les plus peuplées d'Arabie, le Hedjaz et le Yémen.

Le Golfe Persique tire son nom de la Perse (autre appellation de l'Iran) et couvre une superficie de 233 000 km2 avec une profondeur très surprenante maximale de 100 m et en moyenne de 50 m.

Le nom de ce golfe est, de manière politique et surprenante depuis quelques années un sujet de controverses. En effet, depuis l'antiquité et sur toutes les cartes du monde, y compris arabe, cette mer était notée à tour de rôle Limen Persikos des Grecs, Sinus Persicus des Latins, Bahr al Farsi des géographes arabes médiévaux.

Ce n'est qu'au 20ème siècle qu'avec l'appui des anglais et leurs intérêts arabes et surtout depuis 1970 que l'Arabie Saoudite ,suivie par les autres états arabes, que le golfe Persique a été désigné par "le Golfe" ou "le golfe Arabo-Persique" au gré des situations.

Provocation ou simple volonté de s'affirmer comme une entité ethnique cette nouvelle dénomination a néanmoins été rejetée par les Nations Unies par une directive éditoriale du 18/08/1994 (94-33224 E) qui attire l'attention sur ce point et demande une attention particulière afin de bien noter sur toutes les cartes le terme de Golfe Persique en toutes lettres.

Historiquement les Grecs donnent son nom au “Golfe Persique”. Auparavant, les Suméro-Babyloniens le nommaient la “Mer Inférieure”, la “Mer Amère” ou la “Mer du Soleil Levant”. Au IIème siècle de notre ère, le géographe grec Ptolémée mentionne une ville nommée Catara sur sa carte des pays arabes. La période romaine est marquée par le déclin commercial du Golfe au profit de la Mer Rouge. Il faut attendre la domination de la région par l’Empire Sassanide du IIIème au VIème siècle de notre ère pour que le Golfe redevienne un haut lieu d’échanges.

Au 13ème siècle, les Mongols y établissent leur influence. Une route maritime, empruntée par Marco Polo, le relie à la Chine.

Au 16ème siècle le golfe Persique est contrôlé par le Portugal, au faîte de sa gloire, qui s'empare du détroit d'Ormuz, de Bahreïn et de Mascate et en 1517 du Qatar (ruines et forteresses en témoignent). L’Iran Safavide délogera les portugais et les Ottomans s'installeront au Qatar en 1538.

Au 19ème siècle les Anglais s'y établissent sous prétexte de combattre la piraterie et en gardent le contrôle jusqu'à la seconde guerre mondiale et la création des Emirats arabes unis. Le Koweït quant à lui est un protectorat britannique depuis 1899 et n'obtiendra son indépendance qu'en 1961, mais l'Irak n'aura pas reconnu alors ses frontières.






Un peu d'économie


L'économie est reliée étroitement aux échanges. Du commerce de Perles au commerce du pétrole quelques années se sont écoulées. Les Perles ont laissé la place à l'Or noir. Le commerce a vite laissé la place aux conflits d'intérêts et à une zone stratégique de plus en plus convoité autant par l'Ouest que par l'Union Soviétique à son époque que par les Russes, les Etats-Unis, les européens et les pays limitrophes de nos jours.
Mais que s'est-il passé?

Un peu de perles tout d'abord...
Les perles du Golfe Persique sont connues depuis près de 2700 ans. On ne retrouve pas leurs traces dans les écrits mais dans les sculptures et les pièces de monnaie. Les lits d'huîtres perlières du Golfe Persique sont indiscutablement les plus anciens et les plus important jamais connu. Il n'y aucun endroit dans le monde équivalent pour le développement des huîtres perlières de haute qualité. Elles vivent dans des eaux peu profondes et surtout chaudes et aussi avec des sources d'eau douce en pleine mer.
Il est pratiquement certain que le collier le plus ancien toujours en existence vienne de la Perse Antique du tombeau d'une reine et datant d'environ 2400 ans. Il est connu comme le collier de Susa et possède trois rangs de 72 perles chacun. Il est monté avec des barres servant d'entretoise tel que le faisait les anciens.


Beaucoup de pétrole ensuite...

Le pétrole jaillit en Perse
(Ref: Histoire et géopolitique du pétrole dans le golfe par Philippe Conrad, Historien, Directeur de séminaire au Collège Interarmées de Défense)

Dès 1872, le shah de Perse cédait au baron Julius von Reuter la concession des gisements pétroliers à découvrir sur son territoire, mais ce n'est pas le descendant du fondateur de l'une des plus célèbres agences de presse du monde qui devait associer son nom à l'exploitation du pétrole persan. Renégociée en 1889, la concession fut finalement invalidée dix ans plus tard. À ce moment, l'archéologue français Jacques de Morgan et le géologue Édouard Corte rentraient en Europe après avoir acquis la certitude que le sous-sol iranien abritait d'importantes réserves de pétrole. Leurs projets demeurèrent sans suite mais leur conviction encouragea le Canadien William Knox d'Arcy à négocier en mai 1901 l'octroi d'une nouvelle concession, étendue à l'ensemble du territoire persan, à l'exception toutefois des régions frontalières de l'Empire russe, le puissant voisin du Nord. D'Arcy ne méritait pas encore son surnom de « père du pétrole moyen-oriental » mais ses entreprises intéressaient au plus haut point le Foreign Office et, dès 1906, un petit contingent britannique était déployé en Perse pour protéger la concession de la d'Arcy Exploration. Le Premier Lord de la Mer, l'amiral Fisher, était en effet convaincu que le mazout allait se substituer au charbon sur les bâtiments de la Royal Navy et le développement de l'influence allemande en Turquie – qui risquait d'aboutir à l'apparition d'une route terrestre vers l'Inde – avait de quoi inquiéter sérieusement le gouvernement de Londres.

Dès 1892, l'Angleterre avait signé un traité de protectorat avec le cheikh de Bahrein et, en 1899, avec celui de Koweit. Cet accord fut confirmé le 29 juillet 1913 quand le gouvernement ottoman reconnut le protectorat de l'Angleterre sur le petit émirat. Le souverain du Koweit s'engagea, le 27 octobre suivant, à n'accorder d'éventuelles concessions pétrolières qu'aux « personnes désignées par le gouvernement britannique ». Entre-temps, le pétrole avait jailli en Perse le 26 mai 1908, à Masjid el Suleiman, sur la rive iranienne du Golfe, au pied des monts Zagros. Moins d'un an plus tard, la Bakhtiari Oil Company et la First Exploration Company de d'Arcy s'entendaient avec la Burmah Oil Company pour fonder, le 14 avril 1909, l'Anglo-Persian Oil Company (APOC) appelée à devenir en 1935 l'Anglo-Iranian Oil Company (AIOC) pour se transformer finalement, en 1954, en British Petroleum.

L'importance de la production persane entraîna rapidement la construction de la raffinerie d'Abadan et, en mai 1914, Winston Churchill, alors Premier Lord de l'Amirauté, fit concéder au gouvernement britannique 51% de l'APOC. Cette intervention de l'État, étrangère à la tradition britannique, suscita quelques remous aux Communes qui n'en approuvèrent pas moins la décision du gouvernement par 254 voix contre 18. L'Angleterre – qui avait su, en 1875, acheter les actions que possédait le khédive d'Égypte dans la Compagnie du canal de Suez – n'entendait pas laisser à d'autres l'opportunité de prendre le contrôle des ressources pétrolières si prometteuses du Proche-Orient. Son gouvernement était d'autant plus encouragé à s'inspirer de ce qu'avait été l'attitude de Disraëli quarante ans plus tôt que de redoutables concurrents pouvaient venir lui contester la position dominante dont il bénéficiait dans la région du Golfe.

L'accord signé en 1907 avec la Russie à propos de la répartition des zones d'influence respectives des deux empires en Afghanistan et en Perse permettait de contenir la poussée russe vers l'océan Indien mais il en allait tout autrement des entreprises germaniques. De 1888 à 1903, les Allemands avaient patiemment négocié avec le gouvernement ottoman la concession du chemin de fer de Bagdad et l'article 22 de l'accord obtenu stipulait que les Allemands pourraient exploiter les ressources du sous-sol sur une distance de vingt kilomètres de part et d'autre de la voie ferrée. L'accord ainsi conclu concernait entre autres les wilayets de Mossoul et de Bagdad où de sérieux indices laissaient entrevoir la présence de pétrole en abondance. Les Allemands n'étaient pas les seuls à s'intéresser à la région et, au début de 1908, l'Américain Colby Chester s'était également fait octroyer une concession de recherche portant sur presque toute l'étendue du territoire ottoman. Ces interventions inquiétaient l'Angleterre et l'un des banquiers les plus en vue de la City, Sir Ernest Cassel, fut envoyé à Constantinople pour y défendre les intérêts britanniques et susciter la création d'une banque anglo-ottomane susceptible de contrer les entreprises allemandes. Sir Ernest était accompagné de Calouste Sarkis Gulbenkian, un homme d'affaires arménien de nationalité ottomane. Ce personnage, rompu à toutes les formes de négociations commerciales, s'était occupé de la fusion réalisée en 1907 entre la compagnie pétrolière néerlandaise Royal Dutch d'Henry Deterding et la compagnie de transport Shell de Marcus Samuel. Hostile aux Américains, Gulbenkian prétendait, en cette affaire, fédérer les intérêts européens. La révolution « jeune turque » de 1908 vint à point pour servir ses desseins.

Cette mer salée peu profonde en proie aux guerres et aux convoitises reste encore un merveilleux endroit pour la faune et la flore. Peu connue par les étrangers, par les iraniens et les arabes eux-mêmes c'est une mer aux ressources de beauté et de paysages insoupçonnées. Martyrisée par de récents conflits (Guerre Iran Irak 1980/1988 - invasion du Koweït par l'Irak en 1990 et intervention d'une coalition en 1991- invasion de l'Irak par les USA en 2003) le Golfe Persique mérite une réhabilitation internationale et une contemplation sereine comme toutes les mers du monde, ni plus ni moins.

Dr. A.AFDJEI